Axel Kahn au Lycée Masséna

Axel Kahn liens :
Vidéos :
1 / 4 : https://www.youtube.com/watch?v=cvDDBF6cX84&feature=youtu.be

2 / 4 : https://www.youtube.com/watch?v=PpYZAKXiY-c&feature=youtu.be

3 / 4 : https://www.youtube.com/watch?v=DGtskOnC_Zs&feature=youtu.be

4 / 4 : https://www.youtube.com/watch?v=m86OK9qm1AU

Photos : https://plus.google.com/photos/116649851595708092756/albums/6140985616698133009

Présentation d’Axel Kahn
Lycée Masséna le 23 avril 2015

Nous sommes honorés de votre présence dans notre établissement. Nous profiterons de votre venue aujourd’hui, journée mondiale du livre et du droit d'auteur, pour mieux vous connaître et cerner votre personnage  dans un parcours remarquable, qui mérite que l’on s’y attarde.
Issu d’une famille célèbre, nous connaissons au moins les deux frères, Jean -François et Axel.
Vous êtes né au Petit-Pressigny en Indre et Loire, au sud de la Touraine, au tiers du parcours entre la Pointe de la Bretagne et la Méditerranée que vous avez parcouru en marcheur solitaire en 2014, accompagné d’un poulain en peluche “Princesse mascotte”. Votre cheminement vous a conduit, et je vous cite, “à un retour sur celui de ma vie et à l’évocation de la route qu’il me reste à parcourir”, toujours avec l’allégresse et le sentiment de liberté qui vous avait accompagné dans votre précédent voyage des Ardennes au Pays Basque en 2013. Citons pour mémoire,  les deux derniers ouvrages publiés, “Pensées en chemin, Ma France des Ardennes au Pays Basque, 2014 et Entre deux mers, voyage au bout de soi, Stock, 2015.p. 105” que vous présenterez ce soir à la librairie Masséna.
Vous êtes une personne engagée :
La médecine est votre formation initiale : vous faites des études de médecine et devenez interne des Hôpitaux de Paris, avec une spécialité en hématologie, chercheur à l’Inserm en biochimie, vous entrez à l’Institut de Pathologie moléculaire à l’Hôpital Cochin.
Directeur de recherche à l’Inserm, vous dirigez l’Institut de 2002 à 2008.
La génétique est votre spécialité et le cœur de votre expertise :
Vous êtes Président de la Commission du Génie biomoléculaire de 1987 à 1997.
De 2000 à 2002, vous présidez à Bruxelles le groupe des experts de haut niveau en sciences de la vie auprès du Commissaire de la Recherche de la Commission Européenne.
La Philosophie accompagne vos actes et vos prises de position et la Politique vous place parfois au sein du débat public et médiatique.
Vous avez été élevé  dans une atmosphère catholique, vous en avez conservé la spiritualité et le goût du questionnement éthique mais tous vos combats ont été et sont laïques.
Vous avez lutté pour gagner votre autonomie et la reconnaissance de votre singularité sur la scène publique. Vous avez défendu la Réforme de l’autonomie des Universités lorsque vous étiez Président de l’Université Paris-Descartes.
Mais c’est principalement dans les débats de la bioéthique et de la génétique que votre voix est la plus écoutée et la plus respectée.
Comme Membre du Comité National Consultatif d’Ethique, vous vous êtes dressé contre un réductionnisme biologique conduisant à considérer la vie comme un objet. Vos prises de position contre différents sujets comme la brevetabilité des gênes, le clonage reproductif ou thérapeutique, l’euthanasie et la légalisation des mères porteuses ont retenti auprès de l’opinion publique.
Enfin dans les engagements et les activités professionnelles de votre CV, on peut relever votre implication à la tête de la Fondation Internationale du Handicap ou de la Ligue contre le Cancer qui font de vous une figure majeure dans le paysage médical ou éthique en France ou à l’International.
Vous appartenez à une grande famille de penseurs qui considère le facteur humain comme le centre de toute préoccupation et d’interrogations et dont la sauvegarde doit primer sur toute autre secondaire.
Le champ de vos activités et de vos réflexions dépasse le cadre stricto sensu de la science et de la médecine. La liste de vos publications l’atteste ainsi que vos nombreuses distinctions : Commandeur de l’Ordre national du Mérite, Officier de la Légion d’honneur, Officier du mérite agricole, Chevalier des arts et des lettres.
Les notions de Science et de Progrès, d’Humanisme et de Progrès expriment des idées aux contours parfois mal définis.
La définition du mot Progrès a évolué au fil du temps : parfois le rêve de progrès scientifique et technique au service des hommes ne résista pas aux catastrophes engendrées par l’usage des gaz toxiques ou de triste mémoire par l’explosion de champignons nucléaires : Hiroshima, Nagasaki ou Tchernobyl.
Ceci ne va pas sans nous rappeler la maxime de Rabelais : “une science sans conscience n’est que ruine de l’âme”.
En 1997, le monde découvrait l’existence de Dolly, la première brebis clonée et la communauté scientifique et humaine s’est mis à rêver des lendemains qui chantent, des améliorations envisageables sur le plan génétique, un pas de l’animal à l’homme.
Pour vous, le clonage est une atteinte à la dignité humaine et votre position vous a valu bien des critiques.
Les progrès en médecine pour la prévention et le traitement des maladies poussent parfois les scientifiques et les politiques dans des situations insoutenables. Je citerai pour référence l’eugénisme et la recherche de l’enfant parfait.
Vous avez publié en 2007 un ouvrage remarquable qui a pour titre : “Un homme bien ne fait pas ça” et au sous-titre non moins explicite, Morale, Ethique et itinéraire personnel.
Je vous cite, page 59 : “On est responsable de sa propre vie mais aussi du monde qui se construit autour de vous car celui-ci ne se construit pas indépendamment de la volonté humaine”.
Vous offrez une vision contemporaine du monde et vous nous invitez à prendre nos responsabilités.
Nous vivons dans un monde nouveau, en pleine évolution, un monde où toutes les utopies semblent réalisables. Mais ne devons-nous pas, comme vous le faites, adresser quelques mises en garde ?
Le Progrès n’a de valeur que s’il est au service des hommes”.
Ne faudrait-il pas que nous évitions quelques utopies et que nous retournions vers une société peut-être un peu moins parfaite mais plus libre, faisant de nous des êtres généreux, agissant bien et amoureux du genre humain ?
André Malraux écrivait : “un homme est la somme de ses actes et rien d’autre”.   
Dans ce grand rêve utopique qui envahit notre monde et notre humanité, pouvez-vous Axel Kahn éclairer notre lanterne et faciliter notre réflexion sur les notions de science et progrès, science et éthique, science et humanisme aujourd’hui et répondre à quelques questions que se posent nos lycéens, nos étudiants de classes préparatoires et le public présent, persuadés et convaincus que nous sommes que vous êtes un homme bien.

Merci.

Philomène Claude LONGO